J'ai ressorti les photos de vous nos aïeux proches ou un peu plus lointain, qui me soutenez beaucoup et mystérieusement au quotidien : notre oncle paternel unique, André Aubert, et toi notre cher Papa de 6 ans son cadet, disparu le 2 mai 2009; vous les parents de Papa : Papie Robert Aubert et Mamie Marguerite Othon, ainsi que vous nos grands oncles et grandes tantes paternels : Révérend Père André Aubert, Père Etienne-Marie AUBERT, notre "grand-oncle d'Amérique", notre grande tante Germaine Aubert, et la chère épouse d'André en 3ème noce pour un bonheur sans nuages : Simone. et un oncle de notre grand-père paternel le Père François missionnaire Père Blanc spahi en Afrique au 19ème siècle dont j'ai deux belles photos.
Chers Parents, Papa Etienne et Maman Michelle,
Merci pour ce que vous êtes et avez été, et de nous avoir mené vers cette existence, en nous donnant tout ce que la vie vous a permis de donner, à chacun de vos cinq enfants. Vous n'avez jamais marqué de préférence entre nous, vous nous avez aimés chacune de nous, quatre filles et votre fils tant désiré notre petit frère Dominique. Vous avez toujours été là pour nous, n'avez jamais ménagé votre peine pour venir à notre secours lorsque l'un ou l'autre avait besoin de vous. Près à traverser la France pour venir à notre aide quelque soit la galère qui nous atteignait l'une ou l'autre.
Papa, tu nous a quitté prématurément le 2 Mai 2009, à cause d'un "accident de santé" qui n'aurait pas eu ces conséquences si cela n'avais pas été la période de vacances scolaires de février. En effet, chaque mardi soir un ami musicien venait dormir dans ta maison.
Tu as eu un malaise grave dans tes WC et n'a pas pu être trouvé à temps, seulement le mercredi 19 février, et ce malaise a eu lieu entre le lundi et ce moment. Tu appelais au secours et nos voisins jumelés ont finit par t'entendre et ont appelé les secours. Tu as eu une lente agonie de deux mois et demi au cours desquels nous nous sommes tous succédés à ton chevet, tes filles et Maman chaque jour, et famille et amis... Voyant que tu allais vers ta fin, j'ai téléphoné le lundi 28 avril matin l’aumônier du CHU, un prêtre polonais, dont m'avais parlé mon ami le Père Francois CASSIGNEUL, aumônier des bénédictines de Maslon sur Couvrechef. Papa a reçu les derniers sacrements en présence de Maman en début d'après midi ce jour-là. Puis Maman a décidé de faire venir Dominique notre petit frère souffrant d'un souffrant d'un syndrome autistique, de son foyer accompagné de sa référente et d'une psychologue. Il est venir le vendredi 1er mai. Le lendemain à 8 h 30 j'étais à la chapelle des sœurs clarisses d'Alençon. J'y rentrais pour la messe du jour, et j'ai alors reçu un appel du service hospitalier m'apprenant que Papa s'était éteint paisiblement ce matin-là vers 6 heures. Il avait revu son fils et c'est ce qu'il attendait surement pour s'éteindre.
Éloge funèbre pour Papa le mercredi 6 Mai 2009 pour la sépulture à l'église St Thomas de l'Université (anciennement St André). La chorale de l'Abbatiale St Etienne dirigée par notre ami Jean-Francois Lécluse, et à l'orgue Jean-Francois DUPONT, Alain BOUVET titulaire des grandes orgues de St Etienne. C'est Père François Cassigneul qui célébra le culte funèbre.
Cher Papa,
Nous voici tous aujourd'hui autour de toi pour t'accompagner vers ta dernière demeure : ton épouse, tes enfants, tes petits enfants, la famille, les voisins, des anciens collègues et de nombreux amis notamment membres des diverses chorales au sein desquelles tu as déployé tes talents de chanteur. Tu as commencé à chanter à l'âge de 11 ans en entrant en pension au petit séminaire le 3 septembre 1939, et tu n'as cessé de chanter jusqu'à ce 17 février 2009 où tu es tombé malade.
L'amour de la belle musique et surtout du chant choral a été le fil d'Ariane qui t'a porté pendant toute ta vie et t'a permis de surmonter les diverses épreuves qui n'ont pas manqué de te toucher. Là tu y puisais toute l'énergie du partage, de la convivialité. Là tu n'étais pas le dernier à amuser la galerie, à faire le clown. Là tu pouvais donner libre cours à ta fantaisie, aux mots d'esprit, à ton désir de perfection qui te portais facilement à être insatisfait de toi même et des autres.
N'étant pas toujours d'un caractère facile au quotidien, tu étais cependant attachant, sensible, jamais indifférent, sans pour autant savoir traduire en mots et en gestes tes sentiments.
Parmi tes engagements choral, tu as chanté pendant près de 15 années dans le chœur de l'Abbatiale Saint Etienne, où tu aimais chanter le grégorien, et dont une partie des membres actuels est venue chanter ta messe de funérailles, accompagné de leur organiste et d'Alain Bouvet titulaire des grandes orgues.
Pendant 35 ans, tu as exercé ta vie professionnelle essentiellement dans la comptabilité aux Etablissements SAVARE. Au cours des 20 dernières années, depuis ta retraite, tu as multiplié tes engagements dans le chant ayant jusqu'à 6 chorales simultanément. Tu aimais également aller aux concerts, affectionnant particulièrement la musique baroque, notamment les interprétations des Arts Florissants.
Tu es même allé chanter jusque dans la Manche (à Canisy), jusque dans l'Orne, notamment à la Schola où nous avons partagé des émotions musicales. Les kilomètres ne te faisaient pas peur pour chanter ou écouter de la belle musique. Tu t'es même rendu à l'étranger : Angleterre, Allemagne, Tchécoslovaquie... Sans oublier les nombreuses sessions d'été auxquelles tu aimais participer.
Enfin, ce que je voudrais retenir de toi en cet instant, c'est ton courage dans la maladie qui t'a touchée pendant 2 mois et demi, te clouant au lit sans pouvoir t'alimenter normalement, et à peine parler. Durant toute cette période, ton épouse, nous même tes enfants, de la famille proche et quelques amis t'avons montré que nous t'aimions et tenions particulièrement à toi. De plus lundi après midi tu as pu recevoir le sacrement des malades et tu as attendu la visite de ton fils unique Dominique, autiste, vendredi après midi, avant de t'éteindre doucement et en paix samedi 2 mai à l'aube à 6 heures.
Ta fille aînée Marie-Line
Nos prochains et nos plus lointains sont ceux avec ou contre lesquels on se
fritte, se frotte, comme les galets du bord de mer ou les cailloux d’un torrent de montagne, polis à force de frictions, ou rendus anguleux au gré des frottements et roulis, de flux et reflux, de
montée ou descente d’amont en aval.
Le Yin et le Yang des chinois montrent bien que toute chose a son contraire,
comporte deux faces. Nous avons toujours deux polarités, comme le courant électrique. La vie est binaire, oscillant toujours entre l’un ou l’autre des deux plateaux de notre
balance.
Ces plateaux de nos balances sont très rarement à l’équilibre, nos prochains sont
à la fois protagonistes et victimes de nos humeurs changeantes, de nos hauts et de nos bas, celles-ci souvent aussi d’autant brusquement libérées, qu’elles ont été trop longtemps bridées. Toute
notre vie est un long et lent apprentissage pour aller vers un mieux être avec soi-même et avec autrui, à arrondir les angles, à « mettre de l’eau dans le vin » de nos vies.
Les êtres partageant notre vie quotidienne, à la maison, à
l’école, aux études, au travail, en communauté humaine et/ou spirituelle, sont les premiers concernés. Mais les autres êtres vivants du règne animal ou végétal, peuvent aussi, on le sait
maintenant, être victimes de maltraitante ou de comportements inadaptés voire répréhensible. Notre époque chasse, parfois en tombant dans des excès dommageables, tous les comportements jugés
répréhensibles, délictueux ou simplement inadaptés. Là aussi il est difficile de trouver la juste mesure, il y a des tâtonnements inévitables, mais les choses vont quand même dans le bon sens. Le
crime quel qu’il soit ne paye plus.Nous sommes tour à tour témoins ou acteurs, offenseurs ou offensés, victimes ou responsables, de blessures plus ou moins profondes, laissant plus ou moins de
traces indélébiles au cœur et au corps, avec toutes les somatisations possibles, les traces conscientes ou inconscientes, présentes, passées, enfouies, transgénérationnelles, congénitales,
héréditaires, sociologiques, etc. Nul ne peut dire qu’il n’est ou n’a jamais été dans l’un ou l’autre camp.Ainsi de résilience en résilience, il faut tendre à avancer dans la vie, toujours
plus humble, plus sage, plus serein, plus confiant, pour atteindre, toutes tempêtes apaisées, un jour, et à son Heure, aux rives de la Vie véritable qui nous attend, Au-delà du miroir du
Temps.
C’est pourquoi je ne souhaite à personne, ni pour moi-même, ni pour mes proches,
de mourir sans avoir un minimum de temps pour s’y préparer. Apprendre à mourir, c’est même apprendre à vivre, en étant toujours prêts à faire le Grand Saut, car nous n’avons pas de demeure
définitive sur Terre. Nous sommes destinés à l’Au-delà.
"Prendre conscience que chaque jour, toute perte, deuil, quel qu’en soit la
nature, ou dépouillement, même l’endormissement le soir, est une préparation à la mort, ultime rencontre avec la Vie"
